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   A tous ceux qui, depuis notre premier ancêtre, ont trouvé la force de rester debout afin que se poursuive l’incroyable aventure de la Conscience.

   A tous ceux qui aujourd’hui encore, malgré tout, respectent chaque souffle de la Vie.

   A Cela, le Silencieux, l'Insaisissable, sans quoi rien ne serait.


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" Les faits ne pénètrent pas dans le monde où habitent les croyances. "


Paul Valéry



   Rivages intérieurs n'est le paravent d'aucune secte, d'aucune religion, d'aucune confrérie, d'aucun parti. (Entre tous, quelle différence ?)
   Ce site s'ouvre à qui s'est levé, comme moi un beau matin, en se demandant : " Mais quand allons-nous mettre religions et politiques au rancart ? Quand finirons-nous d'idolâtrer l'économie, ses gourous, ses consultants et leur suicidaire développement durable ? Quand cesserons-nous de nous comporter comme des singes dégénérés, avides et cruels ? Quand verrons-nous naître une Race humaine digne de ce nom, adulte et responsable ?
   Durant des années, j'ai consigné mes expériences intérieures, les confrontant au quotidien avant d'en extraire des indices utiles à tous. Cette alchimie a teinté ces textes de ce que certains appelleront pessimisme. Je récuse ce qualificatif qui discrédite le réalisme. Sur le chemin de la connaissance de soi, vers cette mutation physique et psychique qui tend à la libération de l'ego, perçue comme l'unique réponse possible au chaos actuel, il convient d'insister sur les passages périlleux, non de s'appesantir béatement sur les paysages radieux. Vous ne voudriez pas que le chirurgien qui opère votre coeur admire pendant des heures le beau rose de vos poumons ! C'est ce que j'ai attendu des sages dont j'ai écouté les paroles : qu'ils soient durs, francs, efficaces, non qu'ils me peignent de belles fresques pour chambre d'enfant. Mais l'apparente froideur du chirurgien, comme la dureté du sage donnant un coup de pied dans l'écuelle du mendiant, est rarement comprise...

   Hélène Berr, morte au camp de Bergen-Belsen, écrivait dans son Journal : " Comment guérira-t-on l’humanité autrement qu’en lui dévoilant d’abord toute sa pourriture, comment purifiera-t-on le monde autrement qu’en lui faisant comprendre l’étendue du mal qu’il commet ? "

   Les pages qui suivent s'adressent particulièrement à ceux qui, effrayés et désorientés par la dégradation du monde, prévoient que les milliers de solutions proposées, parce qu’elles sont toutes basées sur le passé et sur les causes - toujours présentes - de notre aliénation mentale, ne peuvent engendrer que le déjà vu et vécu : injustices, guerres, dévastations, pollutions, etc. Aux mêmes causes, inévitablement, les mêmes effets. N'attendant plus rien non plus de la Science, dont les marchands du Temple et les militaires pillent les découvertes, ils ont compris qu’il faudrait un miracle pour réparer les dégâts déjà infligés à la planète et se demandent donc ce qui pourrait les aider à traverser le désert vide d’espérance qui s'ouvre devant l'humanité. Certainement pas les religions, perverties, nuisibles, moralisatrices et, dans le meilleur des cas, simplement inutiles. (Mais qui donc a lancé l'idée folle que les religions sont nécessaires, qu'elles répondent à un " instinct religieux ", à une aspiration " profonde et naturelle " de l'Homme ? Qui ?) Ne proposant, pour atteindre au divin, que des gesticulations et des assertions incontrôlables qui divisent au lieu de relier, elles imposent à leurs fidèles un carcan de certitudes rarement remises en question et transmises de siècles en siècles avec une naïveté qui serait touchante si elle ne frisait l’imbécillité. En plaçant leur but dans un au-delà auquel personne n’a accès et dont personne n’est revenu, elles ouvrent en grand la porte aux fantasmagories les plus incroyables (un ami rescapé de quelques années d'études dans je ne sais plus quelle congrégation parlait de " délire pur et simple "), croyances cimentées par ce qu’il convient d’appeler " foi " et qui n’est qu’aveuglement, surdité, et négation des FAITS !

   Tiens ! Enfin quelque chose de tangible : les FAITS ! Noyés sous la logorrhée, on les avait presque oubliés ! Pourtant, je vis dans ce monde, maintenant, aujourd’hui. C’est aujourd’hui, et non demain, que j’ai besoin de me vêtir, de manger, de boire et d’avoir un toit. Besoins vitaux que des millions d’hommes, en nombre croissant, ne peuvent pas, ou plus, assurer. Voilà des faits, implacables et très simples. Des faits qui nous défient, exigent une action immédiate, et ne reçoivent en guise de remèdes que de bonnes intentions, de bonnes paroles. Les commissions pullulent, séminaires et forums prolifèrent. Nous publions livres sur livres, abandonnons la parole aux "experts", aux philosophes, aux psychologues, aux consultants, mais, lorsque tous ont fini de s’écouter, d'enfoncer des portes ouvertes, de minimiser l'inefficacité prévisible de leur plans par mille excuses galvaudées : " Il faut du temps ! Peu est mieux que rien ! " (Ponce Pilate pas mort !), lorsque la poussière d'une sagesse de bazar est retombée, que reste-t-il ? Un fait ! : un être humain nu en train de crever de faim et de soif au bord de la route, et des tas d’autres qui le suivent, non plus seulement en Afrique, mais partout, en Amérique, en Europe, partout. Et cet être humain, dont la mort misérable est une gifle aux prétentions des experts, cette mort qui devrait réduire au silence religieux, politiciens, économistes de tous poils, qui prouve leur incurie et la vanité de leur savoir, cette mort, qui devrait démasquer l’hypocrisie criminelle qui est le fondement de nos sociétés, ne sert en fait à rien, car cet être humain qui agonise aura pour seul linceul de nouvelles théories, de nouveaux projets, de nouvelles promesses à ne jamais tenir. Mais que faudra-t-il donc pour éveiller la conscience humaine ? La maison brûle et nous discutons du sexe des anges ou de celui des pompiers qui posaient presque nus sur leur dernier calendrier.

   Qui répondra au cri d’ Al Ma’arri, lancé il y a des siècles ?


" Foi, incroyance, rumeurs colportées,
Coran, Torah, Evangile
Prescrivant leurs lois…
A toute génération ses mensonges
Que l’on s’empresse de croire et consigner.
Une génération se distinguera-t-elle, un jour,
En suivant la vérité ? "

   On peut en douter...


La vie : ombres et lumières.


   Ce site est donc dédié à cette poignée de femmes et d'hommes qui reste éveillée, qui refuse de se prosterner, de ramper, et se moque du sexe des anges. A ces femmes et à ces hommes qui veulent dépasser les notions de religion, de nationalité et de race et sont prêts à secouer le poids des conditionnements séculaires pour être libres, non dans les pensées (les pensées ne sont jamais libres) mais dans leur être, dans leur peau ; qui refusent l’abrutisation (ne cherchez pas dans le dictionnaire !) imposée par une société moutonnière et prétendent, contre vents et marées, demeurer les seuls compositeurs interprètes du chant bref et unique qu'est leur vie.


Gilbert Anken


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